Ce qui va suivre n'est pas de moi (malheuresement :() mais d'un grand philosophe (St Augustin) du I er siècle, des débuts de la philosophie. Qui c'est intéroger sur le temps. Comme j'aime beaucoup ce qu'il à écrit et que la c'est un livre que j'ai piqué au CDI ^^, je note le tout sur mon blog pour pas l'oublier, et pour que toi ami lecteur tu puisse en profiter si le coeur t'en dit.
"Qu'est-ce donc que le temps ? Qui en saurait donner facilement une brève explication ? Qui pourrait le saisir, ne serait-ce qu'en pensée, pour en dire un mot ? Et pourtant quelle évocation plus familière que celle du temps ? Nous le comprenons bien quand nous en parlons ; nous le comprenons aussi, en entendant autrui en parler. Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais. Si quelqu'un pose la question et que je veuille l'expliquer, je ne sais plus.
Toutefois, j'affirme avec force ceci : si rien ne passait, il n'y aurait pas de passé ; si rien n'advenait, il n'y aurait pas de futur ; si rien n'était il n'y aurait pas de présent. Mais ces deux temps - le passé et le futur -, comment peut-on dire qu'ils "sont" puisque le passé n'est plus, et que le futur n'est pas encore ? Quant au présent, s'il restait toujours présent sans se transformer en passé, il cesserait d'être "temps" pour être "éternité". Si donc le présent, pour être "temps" doit se transformer en passé, comment pouvons-nous dire qu'il "est" puisque son unique raison d'être, c'est de ne plus être - si bien que, en fait, nous ne pouvons parler de l'être du temps parce qu'il s'achemine vers le non-être ?"
"Ce qui m'apparaît comme une évidence claire, c'est que ni le futur ni le passé ne sont. C'est donc une impropriété de dire : "Il y a trois temps : le passé, le présen et le futur". Il serait sans doute plus correct de dire : "Il y a trois temps : le présent du passé, le présent du présent, le présent du futur." En effet il y a bien dans l'âme ces trois modalités du temps, et je ne les trouve pas ailleurs. Le présent du passé c'est la mémoire ; le présent du présent, c'est la vision directe ; le présent du futur, c'est l'attente."
Saint Augustin, Les confesions -
Dialogues philosophiques, Livre XI,
Bibliothèque de la Pléiade,
Éd. Gallimard, Trad. P. Cambronne